07.03.2012
Un bonimenteur de foire
Le politologue Dominique Reynié, ce bonimenteur de foire qui a sa chaise réservée dans l’émission d’Yve Calvi, vient de sortir un livre « Populisme pente fatale » répond dans une sorte de publi-reportage aux questions très gentilles de Brunot Jeudy du JDD qui a lui aussi sa chaise réservée à « C dans l’air ».
J.L.Mélenchon est-il populiste ?
« Mélenchon cultive le clivage sommaire comme tous les populistes le peuple et les élites incompétentes et mondialisées, des élites qu’il préfère appeler oligarchie, vocable qu’il a en commun avec la droite populiste du FN … »
Pour Reynié : brave soldat du néolibéralisme, il n’y a qu’une seule voie, il n’y plus d’alternative, les élites au pouvoir, dont il fait partie, sont parfaitement compétentes. Chacun sait qu’elles avaient prévu la crise et que celle-ci s’est achevée fin 2008. Je ne vois point là de compétence particulière, j’y verrais plutôt un aveuglement imbécile. Pour croire encore « au marché autorégulateur » il en faut une sacrée couche
Qu’entendez-vous par populisme patrimonial ?
« Une réaction à une remise en cause du patrimoine matériel du fait de la mondialisation, c’est la peur du déclassement, de la baisse du pouvoir d’achat … le populisme patrimonial accède à une base sociale considérablement élargie, attirant des fractions des couches populaires et des classes moyennes…il peut atteindre une partie des classes supérieures »
Pour l’auteur, le déclassement, la baisse du pouvoir d’achat ne sont que des peurs injustifiées.il faut croire nos élites sur paroles. Elles se sont toujours trompées, nous ont menés à la catastrophe et il nous faudrait continuer de les croire ? Mais qui peut croire que les pays émergeant et pays à faible niveau de vie se contenteront d’envoyer nos ouvriers au chômage. En 2006 la France formait environ 32 000 ingénieurs, combien les nations comme l’Inde, la Chine, la Russie, le Brésil en forment-elles. Il est absurde de croire que nos classes moyennes et moyennes supérieures échapperont à la concurrence internationale. D’ailleurs l’auteur n’y croit pas n’a-t-il pas pris soin de se mettre à l’abri (*)
Avec sa stratégie de droitisation, Sarkozy fait-il baisser ou monter le populisme ?
La réponse est non. Sarkozy qui reprend les thèses de Le Pen ne fait pas de populisme. La réponse est plus alambiquée mais c’est ce qu’il en ressort
Là, j’en reste coi
(*)Dominique Reynié est professeur à science Po et directeur général de Fondapol.
Cette fondation (cercle de réflexion d’orientation néolibérale) créée par Jérôme Monod, conseiller de j. Chirac, financée à l’origine par l’UMP a été déclarée d’utilité publique par un décret de J.P.Raffarin et est désormais financée à 80% par les contribuables. Interrogé en 2011 par une journaliste sur l’origine du financement de cette fondation Dominique Reynié a refusé de répondre et à mis fin à l’entretien (une journaliste populiste sans doute)
n'achetez pas ce livre vous le paieriez deux fois; une fois en tant que contribuable et une fois en tant que client et ce livre est loin très loin de valoir celà.
http://www.youtube.com/watch?v=NWcCCPMUk_M&feature=re...
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06.03.2012
Un président dépassé, perdu, un président à coté de ses talonnettes ( I)
Nicolas Sarkozy explique pourquoi, malgré la hausse de la TVA, il ne croit pas à une augmentation des prix.
« Les chefs d’entreprises qu’est-ce qui veulent ? Y veulent gagner des parts de marché, y veulent vendre davantage de produits vous savez ! Et quand ils vendent davantage de produits, y gagnent des parts de marché. On sauvegardera nos usines et on gardera nos emplois »
Le président explique pourquoi il attendra octobre pour mettre en œuvre cette TVA
« Nous espérons, avec le gouvernement, que ça déclenchera des achats par anticipation qui vont nous permettre … de doper la croissance sans nuire au budget »
Sur la forme On appréciera le style, ou sont les De Gaulle, Mitterrand, Giscard, Chirac ?
Sur le fond, Il y a comme un hiatus, une incohérence entre les deux réponses, d’un coté il ne croit pas à une augmentation des prix, de l’autre il table sur des achats par anticipation comme cela s’est passé en Allemagne avant l’augmentation des prix. Deux questions qui se suivent et deux réponses qui se contredisent. Mais ceci n’est rien à coté de son analyse du fonctionnement de l’entreprise qui accuse un retard de 40 ans. A cette époque J.K.Galbraith pouvait encore disserter sur les rôles respectifs de la technostructure et des actionnaires et regretter que ces derniers n’aient pas leur mot à dire sur la gestion de l’entreprise. Les patrons, ingénieurs, cadres, techniciens qui composaient cette technostructure avaient pour première ambition ce qu’énumère le président dans le but de préserver, de renforcer l’entreprise tout en veillant au partage le plus équitable possible entre ceux qui y travaillent et les actionnaires mais depuis les années 80 cette logique s’est inversée à la place des intérêts de l’entreprise et des travailleurs, les dirigeants se sont mis à privilégier les intérêts des actionnaires au nom de la « corporate governance » cette « corporate governance » est devenue le référentiel du bon management et a inspiré les critères de gestion, la comptabilité et les principes de valorisation de toute entreprise.
Source : « refonder l’entreprise » de Blanche Segrestin et Armand Hatchuel
Le seuil « la république des idées » version papier 11,50€
09:10 Publié dans économie, Livre, politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
07.02.2012
Le bal des faux culs 1
Il avait tout pour me plaire, une bonne bouille, de l’humour on prenait plaisir à l’écouter sur France Inter. Il se disait voyageur écrivain. Ancienne plume de Mitterrand, je supposais qu’il partageait aussi ses idées. Prix Goncourt en 1988 pour son « Exposition coloniale », élu à l’académie française 10 plus tard. Bref, j’étais mûr pour devenir un de ses lecteurs et notais le titre de son bouquin. C’était sur le coton, à moins qu’il ne s’agisse de son livre sur l’eau, je ne sais plus, tant sa tirade sur les 35 heures m’a perturbé, il était contre, bien sûr, violement contre. Bon, encore un socialiste qui retourne sa veste, me dis-je, ce n’est pas rare. Vous aurez reconnu Erik Orsenna bien sûr, mais savez- vous qu’il est aussi entrepreneur et partenaire de grandes multinationales comme BNP Paribas ou le groupe SUEZ-Lyonnaise des eaux et qu’il est l’unique actionnaire d’une société (Héaux) au service de ces multinationales avec un CA qui est passé de 93 000 Euros en 2009 à 189 000 Euros en 2010. Il n’y a rien de répréhensible à cela, bien sûr, mais ce qui est gênant c’est qu’il avance masqué. Faire un livre sur l’eau lorsqu’on est en affaire avec la Lyonnaise des eaux il y a certainement là un problème de déontologie pour ne pas parler d’honnêteté mais dans ce domaine ce sont sans doute les économistes qui sont les meilleurs, parmi ceux-ci on peut citer :
D. Cohen qui se présente comme professeur d’économie alors qu’il est aussi membre du CAE auprès du premier ministre, conseiller à la banque Lazare qui, à ce titre conseilla G. Papandréou.
Christian de Boissieu, professeur d’économie à l’université de PARIS 1, mais aussi patron du CAE, travaille pour REXECODE centre de recherche proche du MEDEF, préside la commission de contrôle des activités financières de la principauté de Monaco, appartient au conseil de surveillance de la banque Neuflize OBC, assiste une hedge-fund (HDC finance), le crédit agricole.
Jean Hervé Lorenzy professeur à l’université de Paris Dauphine mais aussi président du cercle des économistes qui émarge à la Cie financière Edmond de Rothschild et est présent dans nombre de conseils d’administrations (Eramet, GFI informatique, BNP Paribas assurance, pages jaunes, crédit foncier)
Patrick Artus professeur à polytechnique, membre du CAE, du cercle des économistes, de la commission économique de la nation, directeur de recherche chez Natixis, banque qui a séduit de nombreux petits actionnaires mais qui s’est révélée être une très mauvaise affaire (l’action étant passée de 19,55 € à 2,44 € cours du 11/10/11). Il siège pourtant depuis 2009 au conseil d’administration de Total. Doit surtout sa célébrité à ses erreurs d’analyse : en 2008 prévoyait que la crise financière ne durerait que quelques mois
Elie Cohen professeur à science politique, membre du CAE, directeur de recherche au CNRS, mais aussi membres des conseils d’administration de EDF énergies nouvelles, Stéria et Pages jaunes. Peut-être le moins compromis parmi les sus nommés.
Source : l’oligarchie des incapables
Sophie Coignard et Romain Gubert
07:53 Publié dans coups de gueule, économie, Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : economistes, oligarchie des incapables, artus, cohen, lorenzy, de boissieu, banque lazare


