20.04.2012

Refonder l'entreprise ( 3 )

 

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Je ne suis pas sectaire et je le prouve.

 

07.03.2012

Un président Sarkozy à coté de ses talonnettes(II)

Autopsie d’une faillite

Une enquête menée par le sénat américain sur la disparition de la banque « Washington Mutual » (WAMU), nous aide à comprendre les logiques de gestion qui ont été les véritables ressorts de la crise financière. Les enquêteurs ont pu retracer les comportements des dirigeants : leurs décisions, les messages qu’ils envoyaient à leurs subordonnés, les documents qu’ils soumettaient aux différents conseils. Ces observations confirment que les banques ne se comportaient plus comme des banques et agissaient en dépit des règles les plus élémentaires du savoir faire bancaire. Loin de fuir le risque, elles ne s’en protégeaient plus et allaient même jusqu’à le rechercher. En juin 2008 WAMU comme d’autres banques américaines avait pris beaucoup trop de risques pour elle même et pour ses clients. Depuis 2004, elle s’était mise à vendre de plus en plus de produits financiers qui reposaient  sur des créances qu’elle savait douteuses. Un tel comportement ne peut s’expliquer que par un changement structurel majeur dans le management des entreprises. A partir de 1996 WAMU a suivi le mouvement de concentration bancaire américain et est devenu la plus grosse caisse d’épargne et la sixième banque du pays. Cette  position l’a soumise à la nécessité de promettre aux actionnaires des profits de plus en plus importants, à cette période s’est imposée, dans tout le tissu économique, l’idée que la valeur dégagée par l’entreprise pour l’actionnaire était le critère fondamental pour juger de ses performances.

En 2004 le PDG de WAMU a clairement explicité cette nouvelle orientation  pour la période 2004-2008 :

- Le seul objectif c’est la valeur pour l’actionnaire …..

- Une politique agressive de valeur pour l’actionnaire s’impose « notre but pour les 5 prochaines années sera d’atteindre un rendement moyen du capital d’au moins 18% et une croissance des dividendes de 13% en moyenne par an »

- Pour atteindre ces objectifs, la banque doit développer des produits plus risqués mais plus rentables »nous devons réorganiser nos ventes et nos réseaux dans tout le pays pour proposer des produits à fortes marges »

Cette stratégie a bien été mise en œuvre : les produits classiques prudentiels et  à faibles marges  qui représentaient  65% de son volume d’activités en 2003 sont tombés à 25% en 2006 tandis que les produits à haut risque passaient de 19 à 55% et WAMU semblait de plus en plus profitable. En 2008 WAMU tombait après 120 ans d’existence.

Les dirigeants de WAMU ont renoncé à leur propre pouvoir d’arbitrage : au lieu de rechercher le meilleur compromis entre les multiples objectifs qu’une entreprise doit poursuivre, ils ont agi comme de simples agents  d’actionnaires volatils et opportunistes, sans mémoires et sans projet, l’entreprise WAMU n’existait plus, seul son titre avait une réalité.

Revenu du capital depuis 1970

Taux de rendement global des actions FRANCE

De 1973-1982 : 06,7%

1983-1992 : 20,5%

1993-2002 : 10,4% avec un pic à 22,1% pour 1993-2000

Taux de rendement global des actions ETATS UNIS

1973-1982 : 6,6%

1983-1992 : 16,2%

1993-2002 : 10% avec un pic de 21% pour 1993-2000

En France les dividendes versés aux actionnaires ont  pratiquement doublés en 10 ans et dans les années 2000 les entreprises ont utilisé une partie de  leurs résultats annuels pour racheter leurs propres actions et  ainsi soutenir leurs cours. La recherche de la rentabilité à court terme s’est ainsi faite aux dépens de la recherche, des critères d’équité et de justice sociale.

pour conclure : les prix augmenteront, chacun le sait et Sarkozy aussi le sait, un mensonge de plus ! . Quant à la diminution des charges sociales ,on peut parier qu'une bonne partie des bénéfices supplémentaires que cette réforme aura engendrés sera destinée aux actionnaires (apporteurs de capitaux propres) . En fait il s'agit d'un simple transfert : l'argent sortira de la poche des consommateurs pour aller dans celles des actionnaires. 

sources : refonder l'entreprise

06.03.2012

Un président dépassé, perdu, un président à coté de ses talonnettes ( I)

Nicolas Sarkozy  explique pourquoi, malgré la hausse de la TVA,  il ne croit pas à une augmentation des prix.

« Les chefs d’entreprises qu’est-ce qui veulent ? Y veulent gagner des parts de marché, y veulent vendre davantage de produits vous savez ! Et quand ils vendent davantage de produits, y gagnent des parts de marché. On sauvegardera nos usines et on gardera nos emplois »

Le président explique pourquoi il attendra octobre pour mettre en œuvre cette TVA

« Nous espérons, avec le gouvernement, que ça déclenchera des achats par anticipation qui vont nous permettre … de doper la croissance sans nuire au budget »

Sur la forme On appréciera le style, ou sont les De Gaulle, Mitterrand, Giscard, Chirac ?

Sur le fond, Il y a comme un hiatus, une incohérence entre les deux réponses, d’un coté il ne croit pas à une augmentation des prix, de l’autre il table sur des achats par anticipation comme cela s’est passé en Allemagne avant l’augmentation des prix. Deux questions qui se suivent et deux réponses qui se contredisent. Mais ceci n’est rien à coté de son analyse du fonctionnement de l’entreprise qui accuse un retard de 40 ans. A cette époque J.K.Galbraith pouvait encore disserter sur les rôles respectifs de la technostructure et des actionnaires et regretter que ces derniers n’aient pas leur mot à dire sur la gestion de l’entreprise. Les patrons, ingénieurs, cadres, techniciens qui composaient cette technostructure avaient pour première ambition ce qu’énumère le président  dans le but de préserver, de renforcer l’entreprise tout en veillant au partage le plus équitable possible entre ceux qui y travaillent et les actionnaires mais depuis les années 80 cette logique s’est inversée à la place des intérêts de l’entreprise  et des travailleurs, les dirigeants se sont mis à privilégier les intérêts des actionnaires au nom de la « corporate governance » cette « corporate  governance » est devenue le référentiel du bon management et a inspiré les critères de gestion, la comptabilité et les principes de valorisation de toute entreprise.  

 

Source : « refonder l’entreprise »  de Blanche Segrestin et Armand Hatchuel

 

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